Nous sommes déjà en juillet... Le mois de juin s'est éclipsé à toute vitesse (bon... faut dire que j'ai le sentiment de dire ça à la fin de chaque mois 😏). Si je devais résumer son ambiance en un seul mot, ce serait : contradictions.
Ces dernières semaines, j'ai eu l'impression de vivre un grand écart permanent entre le virtuel qui s'emballe et le réel qui s'ancre. Entre les instants de joie intense et les moments de tristesse profonde. Entre les jours où je profite du beau temps pour aller à la plage et ceux où je ne serais pas contre un peu de pluie pour préserver mon jardin (et la planète 😉).
Côté virtuel, le niveau de saturation est proche du maximum. J'ai été invitée à un mariage début juin : on m'a parlé d'intelligence artificielle. 10 jours plus tard, je me suis rendue à des obsèques : on m'a reparlé d'intelligence artificielle... 😓
Autour de moi, mes amis parents s'inquiètent, déçus que l'école ne prépare pas assez leurs enfants à l'utilisation de cette nouvelle technologie et terrifiés à l'idée qu'ils ne trouvent pas de travail d'ici quelques années.
Et dès que je décris mes missions de cheffe de projet, de bras droit opérationnel, de traductrice, de correctrice ou de rédactrice à quelqu'un qui ne me connaît pas, la question fatidique tombe : « Tu n'as pas peur d'être concurrencée par l'IA ? ».
Moi quand on me demande « Mais tu n’as pas peur de l’IA ? » pour la 10e fois ce mois-ci...
Ma réponse ? Elle tient en deux mots : « On verra ».
En 2025, je planifiais mon avenir en pensant délaisser la gestion de projets de contenus pour me concentrer à 100 % sur le mentorat. Justement parce que je pensais que l'IA allait prendre ma place sur ces missions-là. Aujourd'hui, c'est surtout la gestion de projet qui remplit mon quotidien professionnel. Et quand le marché bougera encore demain ? Je me fais confiance pour bouger aussi. Finalement, la seule chose qui ne change jamais, c'est que le monde change en permanence.
En attendant un hypothétique futur dirigé par les robots, la réalité du terrain m'a montré des signaux contradictoires. Pendant que la tech s'emballe, le marché, lui, semble commencer à saturer du tout automatique.
Prends cette cliente, qui externalisait ses traductions auprès d'une agence. L'agence en question pressait tellement ses employés et ses freelances qu'ils ont fini par abuser du copier-coller d'IA pour tenir le rythme. Ça donnait des textes truffés d'erreurs, des processus lourds pour tout le monde et une qualité en chute libre. Après avoir passé des mois à être derrière eux pour tout corriger, ma cliente a tranché : elle coupe les ponts avec cette agence à la fin du contrat en cours pour reconstruire sa propre équipe de traducteurs freelances et humains. Elle veut reprendre le contrôle sur les délais et la communication avec ses prestataires. Et elle a repris contact avec moi pour l'aider sur la langue française (et pour trouver d'autres traducteurs compétents pour les autres langues).
Une autre de mes clientes me le disait aussi cette semaine : « l'IA, pourquoi pas, mais on voit ses lourdeurs, ses tics de langage et même ses traces techniques » (le code HTML invisible qui s'invite sur un site WordPress et qui crée des bugs quand on se contente de copier-coller). Cette phrase qu'elle a prononcée a résumé ma pensée : « Les Français et les Allemands, ils sont vraiment différents des Anglo-Saxons, ils n'aiment pas trop quand ça se voit ».
Et je n'ai pas besoin d'aller chercher des clients à l'international pour m'en rendre compte. Même à l'échelle locale, ça coince. Je pense à cet adjoint à la communication, qui manque cruellement de temps et de budget pour gérer toutes les communications événementielles du village (car, oui, dans une petite commune comme Vairé, c'est un adjoint qui s'en occupe). Il a choisi de tout déléguer à l’IA. Le truc, c’est que c'est devenu tellement générique, standardisé et lissé qu'on a aujourd'hui un mal fou à identifier si c’est notre village ou un autre qui organise l’événement. Qu'on trouve des sapins de Noël sur les communications destinées à faire la promotion des marchés nocturnes de l'été... Que les habitants sensibilisés à l'IA sont soulagés lorsqu'ils croisent une affiche toute simple faite sur Canva. À force de vouloir automatiser l'identité d'une commune, on finit par lui enlever son âme... Le travail est en cours pour trouver une alternative plus humaine ! 💪🏼
Qu'il s'agisse de créer des contenus pour enfants (qui ont besoin de profondeur et de sensibilité), de clients qui choisissent la sobriété numérique pour préserver la planète ou de la vie de nos propres bourgs... l'humain revient toujours au centre de la table.
Je ne concurrence pas l'IA, l'IA ne me concurrence pas. Je fais autre chose. J'apporte la fluidité, la créativité, la sensibilité et la sérénité qu'aucune machine ne possède.
Et cette différence, elle ne se théorise pas derrière un écran : elle se vit.
👩🏼🌾 Faire communauté (ici et maintenant)
Le 13 juin, j'étais derrière ma table au Forum des associations pour présenter le travail de l'association des commerçants et artisans de la commune et la foire commerciale à venir. Le 20 juin, on a célébré la Fête de la musique sous une journée ultra-ensoleillée. J'ai aidé à ranger les tables du banquet géant organisé pour l'occasion avec les autres conseillers municipaux venus faire la fête aussi. Sans oublier les soirées à la guinguette du coin où je rejoins les habitants. Quand j'y allais l'été dernier, j'avais l'impression de ne connaître personne. Maintenant, je croise toujours quelqu'un que j'ai déjà vu !
Ces événements m'ont fait réaliser à quel point mon rôle au conseil municipal et cette équipe incroyable avaient accéléré ma création de liens sociaux dans mon village (c’est d'ailleurs la seule accélération positive de cette newsletter ! 😉). Ça va faire bientôt un an et demi qu'on est installés dans notre maison et deux ans qu'on est arrivés en Vendée. Et aujourd'hui, je me sens profondément chez moi. Mon engagement associatif et politique contribue beaucoup à ce sentiment.
🌷Le pas de côté : l'effet Amsterdam
Puis, à la toute fin du mois, on a élargi l'horizon. On a pris le volant de notre voiture électrique avec mon mari, direction Amsterdam, notre ancienne ville de cœur. On partait pour un road-trip amical pour faire un coucou à nos amis. Mais comme 3 de mes 4 clients actuels sont basés aux Pays-Bas, c'était l'occasion rêvée. J'ai pu m'asseoir à une vraie table avec Tim (derrière l’application de méditation pour enfants SuperChill) et Émilie (qui gère le marketing d'Africa Safari et de Tanzania Specialist). Il n'y avait pas d'ordre du jour à l'horizon. Juste des moments, un café ou un déjeuner et des anecdotes à partager.
Se regarder dans les yeux, capter une intention fine et rire ensemble plutôt que de s'échanger des messages WhatsApp ou d'enchaîner les Google Meet... Ça fait respirer le business. Ça fait respirer tout court. Ça donne la délicieuse impression de faire les choses autrement.
📈 Mes coulisses du mois de juin
Concrètement, mon mois de juin a ressemblé à ça :
Jusqu'à 20 heures de boulot par semaine maximum. Comme je me l'étais autorisé pour absorber tous les projets en cours, j'ai augmenté un peu la cadence. Il a fallu arbitrer entre l’appel du soleil et les projets clients... mais pour être tout à fait transparente, les journées de canicule ultra chaudes m'ont aidée à faire mes choix ! Le bureau au frais est vite devenu mon meilleur refuge pour avancer. Mes vendredis, eux, sont restés toujours 100 % OFF pour déconnecter.
4 clients chouchous et des projets passionnants :
La gestion des opérations et de la communauté de l'École MSB pour Laure Dodier. Juin marquait aussi une pas si petite étape que ça : c'était le tout dernier mois des live que j'animais dans le cadre de son programme Slow Up. C'est aussi ce programme qui m'a aidée à adopter le slowpreneuriat ! Alors, forcément, c'était chargé en émotion, pour les membres comme pour moi. 🥹
La rédaction, la traduction et la gestion de projets de contenus pour Emilie et son Croissant Club !
La traduction, la localisation et la gestion de contenus publicitaires (Ads, scripts et contenus) pour l'application SuperChill.
La relecture de contenus pour une cliente dans le domaine de l'hôtellerie (avant de repasser en mode traduction anglais-français).
3 024,91 € facturés. Pile-poil dans mes objectifs ! Un chiffre d'affaires hyper gratifiant et confortable pour piloter mon activité avec une vraie sérénité financière. 🥂
Des choix et de l'élagage : pour me laisser toute la place nécessaire pour faire face aux événements familiaux de juin, j'ai fait le tri. Je n'ai pas avancé d'un iota sur ma formation PEA (et oui, c'est toujours en pause !), et j'ai sagement délaissé la refonte de mon site internet et de mon compte Instagram. À la place, j'ai choisi de me recentrer sur l'essentiel : les projets de mes clients actuels et le retour de cette cliente qui retape à ma porte.
Côté potager : mes tournesols prennent une place folle (mais ne sont pas encore fleuris), les carottes rondes n'ont toujours pas dégainé leurs pousses, les pois ridés sont secs (et j'ai peu d'espoir pour eux) et les radis ont tous été mangés ! 👩🏼🌾
Ma note du mois : 7/10. Les événements familiaux ont été difficiles à gérer et j'aurais voulu avoir plus de temps pour profiter d'Amsterdam. Néanmoins, je suis très fière d'avoir atteint mes objectifs de CA et d'avoir retrouvé une ancienne cliente !
🕶️ En juillet, on prend les devants !
Le grand mot d'ordre va être l'anticipation.
Je m'accorde une vraie pause estivale et mon bureau sera fermé du 24 juillet au 9 août.
D'ici là, mon planning est bien rempli pour chouchouter mes clients actuels et amorcer ce joli retour de collaboration qui se profile. En revanche, si tu veux anticiper la rentrée, poser les bases d'un projet pour la fin août ou fluidifier tes opérations, c'est le moment idéal pour que l'on se rencontre.
Tu as un projet ou un besoin précis ?
Choisis le format qui te convient le mieux :
Si tu as besoin d’un bras droit opérationnel pour structurer, traduire ou piloter un projet concret à la rentrée.
Et de ton côté, Reader, sur quoi as-tu choisi de lever le pied pour laisser respirer ton été ? Raconte-moi en répondant à ce mail !
Je te souhaite de faire le plein de moments de joie dans les prochaines semaines ! Je te retrouverai le 17 août pour une nouvelle édition de cette infolettre (si j'y arrive, comme d'habitude 😉) !
Estelle
PS : Cette lettre a été écrite après l'une des nombreuses tomates mozza de cet été. Elle reflète ma réalité de femme de 41 ans, mariée, sans enfant, installée en Vendée, engagée pour sa commune, blanche, valide et peu active sur les réseaux sociaux.
C’est mon point de vue, avec mes privilèges et mes doutes. Que tu sois à l'opposé de ce portrait ou que tu t'y reconnaisses, mon univers (et mon travail de cheffe de projet et de mentore) reste ouvert à tout le monde. Sans jugement, sans méthodes miracles sorties de la réalité de quelqu'un d'autre. Plutôt avec l'envie tenace de collaborer avec des humains qui préfèrent les liens authentiques aux mirages du tout automatique...