Alors que revoilà la sous-préfète ! 💃🏼


Hello Reader,

Tu te souviens de moi ? 😉

Non, parce que ma dernière newsletter remonte au 10 novembre, hein !
Je t'ai quitté·e en t'invitant à ralentir...
J'ai tellement bien appliqué mon propre conseil que j'ai complètement disparu de la circulation. 👻

Je pourrais m'excuser de ne pas t'avoir donné de nouvelles depuis si longtemps.
M'en veux pas, mais je crois que, cette fois, j'en ai pas envie. 😏

Cette période sans nouvelles a commencé par un tout petit signal... Presque anecdotique.
J'en ai eu marre des contenus sur LinkedIn.

Marre d'en rédiger.
De lire la même flopée de contenus partout.
De confier l'optimisation de ce que je rédigeais à l'intelligence artificielle.

Cette sensation, sans que je m'en aperçoive, elle s'est répandue bien au-delà du contenu.
J'en avais aussi assez de ne pas vendre mes accompagnements et de m'acharner à communiquer sans résultats apparents (des réservations de rendez-vous, de consultations, des chiffres sur mon compte en banque professionnel...).
Et puis j'en ai eu assez d'être dans ma petite bulle d'Internet pendant qu'autant de choses graves se passaient dans le monde.

Bref, j'en avais ras la casquette et j'étais vraiment démotivée.
À deux doigts d'ouvrir Indeed pour trouver un job de réceptionniste en camping, la meuf. 😅

Alors j'ai fui.
Je me suis déconnectée du bruit numérique.
J'ai délaissé mon LinkedIn et cette newsletter.
J'ai retrouvé la paix de l'hiver à Vairé et le côté cosy des journées très pluvieuses de janvier et février.

J'ai voulu me reconnecter au réel : Barcelone, le lien avec les gens, ma famille, mon mari et mes amis.

Le gros avantage de ces périodes-là, c'est que je suis davantage dans la curiosité et moins dans l'action. Et que je découvre des actions à réaliser en écoutant ce qu'il se passe autour de moi.

Et ce qu'il est arrivé ensuite en a été la parfaite démonstration.

Le 12 décembre, je me suis rendue à l'assemblée générale de l'association des commerçants et des artisans de mon village pour écouter ce qu'il s'y passait. J'ai adhéré en septembre. Le président de l'association a invité les membres à rejoindre le conseil d'administration pour l'année 2026.
Peu de volontaires ont levé la main. Presque sans réfléchir, j'ai levé la mienne. ✋🏼

Pendant l'apéro qui a suivi l'AG, mon mari discutait avec la trésorière. Elle lui a alors évoqué son intention d'être tête de liste pour les municipales de mars 2026. Et du fait qu'elle galérait à mobiliser des femmes pour rejoindre l'aventure.

Avant d'aller plus loin, pour que tu aies un peu le contexte, quand nous sommes revenus en France, mon mari et moi, je lui avais évoqué le projet de devenir conseillère municipale. Mais aucune liste en construction à Vairé ne me donnait envie de la rejoindre. Il y avait trop de casseroles, beaucoup d'ego, pas beaucoup de volonté de servir l'intérêt général...

Martine, elle, semblait vouloir redonner de la vie à la commune et agir pour servir ses habitants. Elle voulait les écouter, tout simplement. Alors, mon mari lui a dit : « je pense que tu devrais discuter avec Estelle ».

Long story short (enfin, je vais faire ce que je peux 😅), le 23 décembre, j'ai discuté avec Martine, chez elle, autour d'un thé.
Je ne connaissais d'elle que la sympathique quinquagénaire que j'avais croisée en tenant la buvette du marché de Noël de Vairé.

J'ai découvert une femme engagée avec des valeurs communes aux miennes : le respect, l'écoute, l'amour du collectif et l'envie d'agir au lieu de subir.

À la fin du rendez-vous, j'ai dit : « Bon bah, c'est parti, alors ! » pour lui indiquer que j'allais rejoindre sa liste.

Depuis cette décision, il y a eu des réunions de préparation de la campagne, des tracts à relire et à distribuer en boîte aux lettres, une réunion publique à préparer (et à animer un tout petit peu, à mon échelle), des professions de foi à plier et des enveloppes à remplir de bulletins de vote (j'ai fait ça ce matin avec le reste de l'équipe).

Au début, Martine a décidé que je serai 11e sur la liste (sur 21 conseillers municipaux, dont 2 suppléants). Ce qui faisait que si la liste était élue, j'aurais été au Conseil municipal ! J'étais super contente, c'était mon objectif.

Et puis, mi-février, il y a eu un nouvel appel de sa part pour me demander si je voulais être aussi conseillère communautaire suppléante en cas de victoire. Du coup, bah, je suis 9e sur la liste et mon nom figure aussi sur celle des élus communautaires pour l'agglo des Sables d'Olonne.

Ce qui est assez étrange avec cette histoire, c'est que cette envie de silence, je l'ai quand même accompagnée de toutes petites actions au niveau professionnel. Presque des murmures. En envoyant des messages de suivi à mes clients chouchou de manière plus consciente :

  • Émilie, l'une des fondatrices du Croissant Club, avec qui je travaille depuis le début de mon aventure à mon compte, m'a dit que mon message tombait bien et m'a demandé si je voulais rejoindre son équipe de cheffes de projets freelance en content management pour 2 sites de voyages en Afrique.
  • Tim, le chef de projet de Super Chill, m'a sollicitée pour d'autres missions liées au contenu du site et de l'application que la simple "traduction anglais-français". J'ai fini par sélectionner les voix off des vidéos de méditation, vérifier la qualité de leur montage et la bonne intégration du contenu sur le site français... Ce qui devrait être le travail de 3 mois va s'étendre sur 5 mois minimum, finalement.

Et puis, il y a 2 clients qui sont arrivés avec de nouvelles envies (et ça fait bien plaisir) :

  • Filipe, qui travaille pour l'agence Ethiko, est revenu vers moi avec de nouvelles demandes de rédaction de contenus pour un client du passé qui avait arrêté de travailler avec des rédacteurs humains pour privilégier l'utilisation de l'intelligence artificielle. Après avoir observé des résultats décevants, le client revient en arrière. On va travailler ensemble les 5 prochains mois également.
  • Laure, de Ma Slow Boîte, a réuni les accompagnantes certifiées (ou en voie de l'être) de l'École MSB pour co-construire ce qui va devenir une équipe. Simplement parce qu'elle commence à avoir trop de demandes d'accompagnement individuel et qu'elle souhaiterait privilégier celles qui la stimulent vraiment et où elle a le plus d'impact.

Tout ça, ça m'a donné la confirmation organique que mon rôle n'était pas de remplir des cases : rédiger, traduire, animer des lives, mais bien de tenir la barre avec quelqu'un d'autre (= copiloter des projets !). Derrière les mots, mon entourage actuel cherche une humaine capable de gérer des projets avec discernement et d'accompagner d'autres personnes à faire de même !

Enfin, au niveau personnel, ce silence m'a aidé à prendre la décision de réaliser l'un de mes rêves les plus chers dès 2026 : visiter la Corée du Sud. Et j'ai décidé que ça devait arriver plus vite que prévu. Je pars du 24 mars au 14 avril (et j'ai pris mes billets il y a 2 mois seulement).

Tout ça pour te dire que j'ai repris les rênes de ma newsletter.
J'ai oublié sa structure et son rythme habituels, ses objectifs de conversion ou ses appels à l'action trop léchés.

La sous-préfète est de retour, mais elle a laissé son costume bon chic bon genre de côté. Elle compte parler de ce qui gratte, de ce qui est flou et de comment elle avance quand même !

P.S : Va voter le 15 et le 22 mars, s'il te plaît (et si tu peux pas, les démarches pour les procurations sont làààààà). Merci !

P.P.S. : Cette lettre a été écrite entre deux pliages de bulletins de vote et la préparation d'un curry vert de poulet. Elle reflète ma réalité de femme de 41 ans, mariée, sans enfants, installée en Vendée, engagée pour sa commune, blanche, valide et officiellement "hors radar" des algorithmes.

C’est mon point de vue, avec mes privilèges et mes doutes.

Que tu sois à l'opposé de ce portrait ou que tu t'y reconnaisses, mon univers (et mon travail de co-pilote et d'accompagnante) reste ouvert à tout le monde. Sans jugement, sans méthodes miracles sorties de la réalité de quelqu'un d'autre. Plutôt avec l'envie tenace de collaborer avec des humains qui préfèrent les liens authentiques au bruit numérique.

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